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Nigelles, Cumins et affiliés

Nomenclatures en folie



Petite salade de noms chez la famille recomposée des cumins !


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Une page pour comprendre les noms des Nigelles, des Cumins et de leurs affiliés.


Il y a un groupe de sept plantes parmi lesquelles il règne une belle confusion de nomenclature qui franchit même les espèces botaniques. Cela n'est d'ailleurs pas sans humour puisque la symbolique de deux d'entre elles est liée à la définition de soi et la symbolique d'une troisième est liée à l'affirmation de soi, mais ce n'est alors sans doute pas un hasard. Le nombre de clins d'œil qu'elles savent nous tendre est infini.

Et le mélange ne s'est pas fait par malintention ; en effet si l'on commence à traduire les noms courants des plantes, ceux-ci s'entrecroisent en plusieurs langues et nombreuses ne possèdent même pas de mot pour décrire quelques végétaux pour lesquels l'on se réfugie trop souvent à donner à tort le nom courant de plantes similaires au lieu du nom latin quitte à en dériver un plus prononçable et plus court.

Sans même franchir les langues mais en franchissant les époques et en remontant dans le temps, on s'aperçoit de l'origine d'autres confusions. Les noms populaires de certains végétaux sont souvent celui d'une autre plante auquel on rajoute quelque chose (mais pas toujours) comme c'est le cas par exemple pour le Carvi que l'on nomme Cumin des prés et parfois même seulement Cumin de façon erronée. Pour différencier la plante originale de la confusion qu'elle n'avait pas demandé, il faut alors ajouter un suffixe à la première. Et l'on dira alors Cumin d'Orient par exemple pour le Cumin. Il s'agit ensuite de se dépêtrer des suffixes car il y en a souvent plusieurs différents que l'on peut trouver selon les régions. Et de nouveau, la traduction s'en mêle quand ils peuvent alors aller jusqu'à être carrément croisés entre les langues.



Ensuite on peut se retrouver face à l'agrandissement de familles suite à la mondialisation (qui n'a pas attendu au-delà du moyen-âge, voire même l'antiquité) et aux découvertes botaniques et bien souvent culinaires. Ainsi par exemple Cumin est un nom qui suffisait amplement à décrire le Cuminum cyminum, même si le Carvi s'en mêlait à l'occasion. Mais il fut rejoint par un nouveau membre de la famille, le Cumin noir vrai. De nouveau, il devient important de lui trouver des suffixes convenables. Cumin blanc s'avéra sans doute le plus convenable et celui que les botanistes et biologistes adoptèrent avec le plus de confort.

Il y a aussi la ressemblance tant visuelle que parfois même de goût. Faire la différence à l'œil entre certains ombellifères n'est sans aucun doute pas chose aisée. Confondre un Fenouil avec une Livèche par exemple serait faire preuve de mauvaise volonté mais il y a de nombreuses nuances à peine repérables entre nombre d'espèces semblables. De nouveau, entre un Carvi et un Cumin blanc il faut un sérieux connaisseur ; entre nombre d'espèces il faut même que le connaisseur ait ses références avec lui ou par exemple laisse passer les saisons pour se raccrocher à un détail des plus subtils que la plante ne produit que très passagèrement. Il devient donc logiquement et en toute bonne foi tentant de faire des rapprochements entre plantes botaniquement bien distinctes.




Puis il y a un phénomène de noms partagés. Quelques noms populaires sont probablement partis de pas grand-chose de plus qu'une boutade. Il suffit que la dénomination plaise et qu'un marchand l'utilise sur un marché puis que des fabricants de produits dérivés s'en servent et elle s'étale comme une traînée de poudre de Cumin. Ainsi, quelques noms pourraient être donnés à un ombellifère, une algue et un arbre simultanément.

On ne regarde parfois qu'une partie d'une plante et c'est sans doute comme cela que sont apparus des noms tels que Graine d'oignon pour la Nigelle de Damas qui ressemble à s'y méprendre à tout sauf à un Oignon. Qui sait comment des noms pareils survivent aux siècles quand ils sont probablement nés d'un étonnement sur une étale de marché. "Oh, on dirait des graines d'Oignon !"

Enfin, la botanique elle-même est une science des plus complexes et tout à fait évolutive. Les plantes sont classées selon des critères parfois différents ce qui donne plusieurs classifications parallèles et donc plusieurs noms pour une même plante. Se référer aux multiples appellations de l'Ajowan pour s'en convaincre. Voire le même nom pour deux végétaux différents suivis alors d'un suffixe, celui-ci faisant référence au système alors utilisé. Par exemple le Carum bulbocastanum C. (C. pour Clarke) est le Cumin noir vrai alors que le Carum bulbocastanum L. (L. pour Linné) est la Châtaigne de terre qui ne pousse d'ailleurs même pas dans le même région du monde. Ensuite il y a évolution au sein de cette science qui revoit sans cesse ses critères de tri et la nomenclature se simplifie, se corrige et devient moins confusive… pour autant que l'on abandonne progressivement les anciens noms historiques pour faire place nette à la clarté.





Il y a donc de nombreux facteurs de confusion possibles. Il en va ainsi de la bonne volonté de tous les producteurs et distributeurs ainsi que de tous les auteurs et enseignants de corriger sans relâche les petites inattentions et les réflexes que nous gardons tous, et c'est bien naturel, de nos primes apprentissages. En plus dans un domaine aussi affectif que celui des huiles essentielles, l'amour d'une plante porte son émotion jusqu'à l'évocation du joli nom qu'on a l'habitude de lui donner. Chacun de nous doit faire ce petit effort de dire par exemple Nigelle ou Carvi pour aider à clarifier les esprits et disséminer vers le vent de l'histoire la confusion qui participe nettement à repousser l'acceptation et l'intégration de l'aromathérapie dans la pratique thérapeutique et médicale modernes.

Continuons à aimer nos belles amies vertes et offrons-leur ce petit effort en échange de leur partage des bienfaits et compagnie qu'elles portent à nous.
Ce tableau rigoureux se veut un soutien didactique pour une clarté à rendre à ces belles huiles et devrait aider chacun. Qu'il soit copié, distribué librement et gardé à portée de main pour l'évolution de cette discipline. Chaque plante a sa monographie propre dans le corps de ce livre : s'y référer pour l'utilisation de chacune.


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Cuminum cyminum






Carum carvi






Cuminum cyminum






Carum carvi






Nigella arvensis






Nigella damascena






Nigella sativa






Nigella sativa






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Ajowan Carvi Cumin blanc Cumin noir
vrai
Nigelle
bâtarde
Nigelle
cultivée
Nigelle de
Damas
Trachysperm
um ammi
Carum carvi Cuminum
cyminum
Bunium
persicum
Nigella
arvensis
Nigella sativa Nigella
damascena
Apiacée Apiacée Apiacée Apiacée Renonculacée Renonculacée Renonculacée


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